Les bâtiments à l’épreuve des séismes !

13 mai 2024

 

Le 3 avril, un important séisme a frappé l’île de Taïwan faisant 17 morts et plus de 1 000 blessés. Ces phénomènes naturels peuvent faire beaucoup de victimes et sont à l’origine de nombreux dégâts matériels. Rappelons-nous le séisme dévastateur au Japon en 2011 qui avait déclenché un tsunami et provoqué un accident nucléaire à Fukushima.

Quelle est la nature de ces phénomènes naturels ? Existe-t-il des risques importants en France ? Comment devons-nous protéger ?

Les séismes sont majoritairement provoqués par le phénomène naturel de la tectonique des plaques.

De manière très simple, l’intérieur de la Terre est très chaud. Cette chaleur veut impérativement ressortir en surface en fragmentant la croûte terrestre en de multiples plaques.

Ces plaques se déplacent les unes par rapport aux autres, entrent en collision, se frictionnent et se fracturent.

Toute cette immense activité à l’échelle planétaire entraîne d’innombrables séismes.

 

Comment évaluons-nous la puissance d’un séisme ?

Les deux principales caractéristiques d’un tremblement de terre sont la magnitude et l’intensité.

La magnitude correspond à la quantité d’énergie libérée le long de la faille lorsqu’un séisme se produit.

L’intensité, en revanche, qualifie la manière dont nous ressentons les effets d’un séisme.

Par exemple, un gros séisme de magnitude 8 n’aura pas la même intensité et les mêmes effets destructeurs si l’épicentre est à 500 kilomètres d’un centre-ville ou tout juste à quelques kilomètres.

 

Est-ce que l’activité humaine peut augmenter le risque des séismes ?

Il n’y a pas de démonstrations scientifiques permettant de corréler, par exemple, le réchauffement climatique causé par l’activité humaine avec une augmentation de l’activité sismique sur notre planète.

En revanche, il est admis que l’exploitation intensive des sous-sols augmente la fréquence des séismes.

Par exemple, en Afrique du Sud, 90 % des séismes de magnitude supérieure à 2 seraient causés par l’exploitation minière.

 

Y a-t-il beaucoup de séismes en France et comment gérons-nous ce risque ?

En faisant l’expérience avec l’application « SEISME », j’ai comptabilisé, en France, sur une semaine entre le 6 et le 12 mai, treize séismes de magnitude 2 dont l’intensité est imperceptible pour les Français.

Au stade actuel de nos connaissances, les séismes sont des phénomènes imprévisibles.

En revanche, nous pouvons déterminer des zones où la probabilité qu’un séisme de forte magnitude et de forte intensité se produise.

En France, nous avons identifié, sur une carte d’aléas sismiques, cinq zones qualifiant le risque allant de très faible en région parisienne, par exemple, jusqu’à fort, sur l’île de la Réunion, à cause de son activité volcanique.

Depuis 1960, notre pays s’est muni d’une réglementation parasismique qui définit, en fonction de la zone, les règles de conception pour protéger les bâtiments des effets d’un séisme.

 

Quels sont les bâtiments qui résistent le mieux aux séismes ?

L’expérience montre que ce sont les bâtiments de formes géométriques simples comme le carré ou le rectangle qui résistent le mieux.

Les bâtiments de faibles hauteurs, d’un à deux étages, comme, à l’extrême, les grands buildings calculés pour reprendre des efforts horizontaux colossaux résistent également très bien.

Ce sont les bâtiments de hauteurs intermédiaires de quatre à dix étages qui représentent majoritairement les plus gros risques d’effondrement. Ils sont souvent victimes du phénomène de mise en résonnance avec les secousses sismiques qui va amplifier les effets dévastateurs d’un séisme.

 

Comment résistent nos bâtiments anciens en général ?

Dans beaucoup de régions du monde, nous constatons souvent, après un séisme majeur, que les quartiers anciens des vieilles villes résistent plutôt bien.

Dans nos villages et nos campagnes françaises, les habitations sont majoritairement construites en moellons de pierre, reconnus pour avoir une bonne résistance aux efforts horizontaux. Les hauteurs des constructions sont limitées. Les planchers en bois et les façades en pierre créent des structures flexibles et résistantes. Les fondations des bâtisses sont très souvent posées sur un sol dur limitant les phénomènes de mise en résonnance.

En bref, la plupart de nos bâtiments anciens ne sont pas moins résistants aux séismes que nos constructions modernes.


Guillaume MILLO
Expert en rénovation de bâtiments anciens
Auteur – Chroniqueur radio
LinkedIn: linkedin.com/in/guillaume-millo
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