Les océans au secours du climat !

11 avril 2023

 

 

Le débat public sur les énergies renouvelables concentre l’attention sur la production d’électricité grâce à l’éolien terrestre et l’énergie solaire. Aujourd’hui, nous allons parler des énergies marines renouvelables ou EMR.

Les océans et les mers représentent une source d’énergie renouvelable immense et à disposition.

Les océans peuvent-ils venir au secours de notre climat et nous permettre de diminuer nos émissions de CO2 ?

Les énergies marines renouvelables regroupent principalement l’éolien offshore, le solaire photovoltaïque flottant et les technologies d’exploitation de l’énergie océanique.

Selon l’Agence internationale de l’énergie, seulement 0,2 % de l’électricité mondiale provient des énergies marines renouvelables, alors que 71 % de la surface de la planète est recouverte par les océans et les mers. Bien évidemment, ce sont principalement les littoraux des continents terrestres qui pourraient être exploités pour utiliser l’énergie marine afin de produire de l’électricité à grande échelle.

Quelle est la situation en France ?

La France a pour objectif d’atteindre 40 % d’énergie renouvelable dans son mix énergétique d’ici à 2030 contre 20 % actuellement.

Pour y arriver, la France envisage, par exemple, d’exploiter 17 parcs éoliens offshores en 2030. Ce sont plus de 700 turbines réparties dans la Manche, sur la façade atlantique et en Méditerranée, qui seront en service pour produire de l’électricité bas-carbone.

En revanche, les dispositifs utilisant l’énergie océanique des vagues et des marées ne sont pas encore au stade du développement industriel, même si un grand nombre de prototypes sont en phase de test.

Seule l’usine marémotrice de Rance, inaugurée en 1966, produit de l’électricité à grande échelle. Avec une puissance installée de 240 mégawatts, elle permet de couvrir les besoins en électricité de l’équivalent d’une ville de 225 000 habitants.

Comment fonctionnent les énergies océaniques ?

Il existe principalement trois technologies qui pourraient fonctionner sur le littoral en France métropolitaine.

D’abord, les hydroliennes qui produisent de l’électricité en utilisant l’énergie du courant des marées. Elles peuvent être comparées à une éolienne sous-marine. Plus l’énergie du courant est forte, plus l’hydrolienne produira de l’électricité.

Ensuite, nous avons l’énergie marémotrice qui profite du flux et du reflux des marées pour remplir ou vider un bassin de retenue en actionnant des turbines qui entraînent un générateur d’électricité.

Pour finir, il existe l’énergie houlomotrice qui utilise l’énergie contenue dans le mouvement des vagues.

Pourquoi n’avons-nous pas développé davantage ces technologies en France ?

Pour être pertinent, le développement des énergies océaniques doit concevoir des systèmes de production avec un bon rendement et nécessitant peu d’interventions de maintenance qui coûtent très cher en mer. Le dispositif doit également résister à la corrosion et aux fortes tempêtes. Actuellement, le montant des investissements et le coût de l’entretien de ce type d’installation sont encore très élevés.

Aujourd’hui, à l’exception de l’usine marémotrice de Rance, il n’existe pas encore de parc de production, même si de nombreux projets de démonstration sont en cours. Les côtes françaises sont surtout utilisées pour produire de l’électricité avec des éoliennes offshores.

Et quel est le potentiel de développement dans les prochaines années ?

Les technologies utilisant l’énergie océanique sont en développement rapide de par le monde et les coûts de production sont en baisse constante. L’Agence internationale de l’énergie prévoit que les EMR pourraient représenter jusqu’à 10 % de l’électricité mondiale d’ici à 2050.

Avec près de 5 500 km de côtes, le littoral français possède un potentiel de développement très important. Avec des moyens adaptés et des investissements à la hauteur des enjeux, nous pourrions devenir le leader mondial dans l’industrie de l’énergie océanique.

Les énergies océaniques ont-elles un impact sur l’environnement et les écosystèmes ?

Par principe, tous les moyens de production d’électricité et l’activité humaine en général ont un impact sur l’environnement. Les énergies marines renouvelables ont le potentiel de réduire fortement les émissions de gaz à effet de serre, mais leur développement ne peut se faire sans se pencher sur les impacts sur les milieux marins.

Par exemple, les centrales marémotrices peuvent perturber les courants marins et les habitats des espèces marines, tandis que les hydroliennes peuvent endommager les fonds marins et les écosystèmes. Par conséquent, il est essentiel que ces projets soient soigneusement planifiés et évalués afin de minimiser leur impact sur l’environnement.


Guillaume MILLO
Expert en rénovation de bâtiments anciens
Auteur – Chroniqueur radio
LinkedIn: linkedin.com/in/guillaume-millo
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