Sobriété : le réveil énergétique des Français !

27 mai 2024

 

Nous parlons régulièrement des enjeux de la rénovation énergétique pour diminuer nos consommations d’énergie et nos émissions de CO2.

Pouvons-nous mesurer réellement l’impact de nos politiques publiques ? Notre parc immobilier est-il vertueux ? Existe-t-il d’autres pistes de réflexion ?

 

Mais d’abord quel est l’état des consommations dans le secteur résidentiel ?

Selon les chiffres disponibles, la France a consommé 1 532 TWh d’énergie finale en 2022.

Le secteur résidentiel représente 28 % de cette consommation avec une répartition des dépenses par type d’énergie assez simple : un tiers d’électricité, un tiers de gaz, un tiers d’énergies renouvelables et 10 % de pétrole.

Notre parc immobilier est le poste de dépenses énergétiques le plus important après le secteur du transport.

 

Cette consommation annuelle est-elle en baisse ?

En analysant les rapports des chiffres clés de l’énergie entre 2000 et 2021, le secteur résidentiel consomme de manière constante environ 500 TWh par an.

En 2022, les ménages ont brutalement baissé de 15 % cette consommation. Une baisse liée aux efforts de sobriété des Français pendant la crise énergétique déclenchée par la guerre en Ukraine et à un hiver plutôt clément.

C’est un constat qui interpelle fortement. Il permet tout simplement de conclure que, malgré des réglementations thermiques dans le secteur de la construction neuve, toujours plus restrictive et nos efforts de rénovation énergétique, seule la mobilisation des Français permettrait de faire baisser les consommations de manière significative et instantanée.

 

Pouvons-nous considérer le parc immobilier français comme énergivore ?

Au premier janvier 2023, l’Insee comptabilise presque 37 millions de logements en France métropolitaine avec 82 % de résidences principales, 10 % de résidences secondaires et 8 % de logements vacants. Cela représente un peu plus de 3,3 milliards de mètres carrés de surface habitable.

Avec ces données, nous pouvons estimer que l’ensemble du parc immobilier français consomme environ 220 kWh/m²/an d’énergie primaire. Cette consommation réelle correspond à une étiquette D sur le DPE qui est en dessous du seuil des passoires thermiques.

 

Notre parc immobilier peut-il être par conséquent considéré comme vertueux ?

Pas tout à fait, car les étiquettes énergétiques attribuées avec le DPE ne tiennent pas compte des comportements réels de consommation. Elles définissent la capacité thermique d’un bien immobilier.

Prenons un exemple simple. Une personne qui possède un véhicule hybride qui consomme 3 litres d’essence pour 100 kilomètres aura une bonne étiquette énergétique et sera reconnue comme vertueuse par rapport à un autre individu qui possède une voiture de sport qui consomme 15 litres aux 100 kilomètres. Mais si le véhicule hybride fait 50 000 kilomètres par an alors que la voiture de sport reste majoritairement au garage et réalise 1 000 kilomètres par an, dans ce cas, le véhicule hybride émettra plus de pollution.

 

Cela signifie-t-il que les comportements sont aussi importants que l’étiquette énergétique ?

En effet, il est tout aussi important d’améliorer les performances thermiques de nos habitations que de favoriser les comportements de sobriété des ménages français. C’est ce que nous avons constaté en 2022 au début de la crise énergétique. Les Français ont su faire des efforts dans l’intérêt général.

Cela signifie qu’il y a d’autres pistes de réflexion qui peuvent être explorées pour diminuer nos consommations d’énergie et donc nos émissions de CO2.

 

Quelles seraient ces pistes de réflexion ?

Nous pourrions fixer un standard de confort pour l’habitant, associé à un niveau de consommation d’énergie maximum.

Par exemple, la France a défini un objectif de consommation de 80 kWh/m²/an pour un logement en 2050.

Si un ménage atteint ce niveau de consommation, il pourrait payer l’électricité ou le gaz moins cher que le prix du marché. En revanche, si le foyer dépasse le seuil de consommation fixé, il pourrait payer plus cher l’énergie consommée en plus. Ce serait une manière d’inciter les ménages à réaliser des travaux de rénovation énergétique performants, tout en restant dans l’optimisation et la sobriété dans l’utilisation.

L’avantage de stimuler des comportements sociaux de consommation vertueux est que le bénéfice est instantané, comme nous l’avons vu en 2022.

Ressources complémentaires :

Chiffres clés de l’énergie 2023 analysant les consommations pour l’année 2022 : chiffres-cles-de-lenergie-2023.pdf (developpement-durable.gouv.fr)

 


Guillaume MILLO
Expert en rénovation de bâtiments anciens
Auteur – Chroniqueur radio
LinkedIn: linkedin.com/in/guillaume-millo
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